Projet

Ce projet a pour objectif d'explorer les impacts de la gestion forestière intensive sur la qualité du bois dans le contexte de l'intensification de l'aménagement forestier et les changements climatiques.

Contexte

La demande en matières premières renouvelables est en forte hausse sur ces dernières années, et les prévisions montrent qu’elle continuera d’augmenter pour répondre aux besoins croissants de la population. Traditionnellement, les forêts contribuent fortement à répondre à cette demande mais le besoin en terres pour nourrir et loger une population en augmentation limitera son potentiel d’expansion et donc sa capacité à répondre à ces exigences croissantes. Par conséquent, d'autres approches, en particulier l'intensification de l'aménagement forestier doivent être étudiées sachant que les forêts européennes stabilisent l'emploi rural, assurent un approvisionnement régulier en matières premières pour les industries de la filière et agissent comme un important puits de carbone. La majorité des forêts de production sont actuellement cultivés en plantations équiennes, car cela représente le moyen le plus économiquement viable de production de bois. Par contre, de nombreuses voix s’élèvent actuellement pour affirmer que ce style de gestion n'est pas écologique etque la qualité du bois produit ne serait toujours pas conforme pour un usage structurel (construction bois par exemple).

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La gestion de ces forêts est axée sur une croissance maximale sur une période optimisé pour approvisionner les industries de transformation et nourrir la demande croissante de matériaux renouvelables, à la fois pour la construction, d'autres produits à base de bois (par exemple emballage) et bois de chauffage. Ainsi au cours des dernières années il y a eu une tendance dans de nombreux pays vers une approche multi-fonctionnelle plus globale de la gestion des forêts.Cela a naturellement influencé la gestion sylvicole et les volumes et la qualité dubois produit. Des forêts mixtes feuillus/résineux ont été privilégiées et ou pour certaines essences. La régénération naturelle est aujourd’hui largement privilégiée. Ces initiatives ont, dans une certaine mesure, été entreprises pour rassurer la société sur la gestion durable des forêts (thésaurisation de la ressource forestière). Pourtant, cette même société demande une augmentation des volumes de bois pour satisfaire ses besoins croissants et des pénuries de bois sont même prévues en raison de la forte compétition entre les secteurs de la transformation et ceux la biomasse ligneuse pour la bioénergie et la bio raffinerie. Un autre facteur de complication réside dans le changement climatique qui a déjà des conséquences sur le choix des espèces et donc la croissance et la production de bois.

Une approche pour résoudre cette pénurie est d’envisager de nouvelles méthodes de gestion forestières, les hypothèses d’extension des zones forestières étant non réalistes pour atteindre des niveaux plus élevés de production de bois à partir d’une même surface forestière existante, une intensification forestière est nécessaire. Il s'agira ainsi de faire évoluer les pratiques de gestion sylvicole mais aussi le choix des provenances forestières. Pour ce dernier point, les impacts du changement climatique seront un facteur important. Deux principales espèces de conifères l'épicéa de Sitka (Irlande et Bretagne) et le Douglas (France et Allemagne) seront étudiées car ces bois satisfont déjà une proportion importante de la demande de matières premières dans ces pays et ont déjà fait l'objet de programmes de recherche nationaux. Pourtant, les conséquences de l’augmentation de la vitesse de croissance des peuplements de ces espèces demandent de nouvelles investigations pour produire du bois adaptées aux besoins des procédés de transformation en fonction de la qualité intrinséque des arbres.

L’intensification durable a été défini comme une forme de production dans laquelle "les rendements sontaugmentés sans impact sur l'environnement défavorable et sans la culture de plus de terres" (The Royal Society,2009). Dans cette proposition, nous utilisons le terme «forêts gérées de manière intensive» pour désigner leremplacement du (lent) processus naturel par les interventions humaines pour accélérer les étapes dedéveloppement des arbres / peuplements et extraire le maximum de produits dans le plus court possibletemps, y compris la récupération des matières (comme les bois d’éclaircies) qui aurait été perdue à la mortaliténaturelle.

Le projet a un certain nombre d’objectifs qui sont les suivants :

  1. Recenser les volumes sur pied en lien avec la demande future de l'industrie de transformation
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    a) Évaluer les volumes actuels et futurs de bois consommés pour le sciage, les co-produits et l'énergieau niveau national et international dans les pays partenaires. Évaluer la ressource forestière disponible dans les pays partenaires en tenant compte de l’impact prévisionnel du changement climatique. Calculer la pression future sur les forêts pour satisfaire la demande en matières premièrespour les produits à base de bois qui assurent un stockage du carbone de longue durée (application sur le long terme, comme dans la construction par exemple).
  2. Déterminer l'impact potentiel du changement climatique sur les propriétés du bois produit.
  3. Améliorer l'efficacité du choix des ressources forestières utilisées pour le reboisement, en analysant leurs conditions de croissance actuelles et futures
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    a. Identifier les provenances d'épicéa de Sitka et de Douglas les mieux adaptées pour différents types de sol, et cela en tenant compte du contexte du changement climatique.
    b. Déterminer l'impact de la croissance rapide des arbres sur les propriétés du bois. L’impact de méthodes sylvicoles visant à augmenter la vitesse de croissance des peuplements, sur les propriétés du bois sera évaluée.
  4. Optimiser le fonctionnement de la chaîne logistique forêt – sciage
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    a. Augmenter la valeur ajoutée de la filière bois en améliorant l’allocation des matières premières (tri et répartition entre les unités de transformation), en optimisant le produit final par la prise en compte des caractéristiques des forêts, des arbres, des billons et finalement des sciages.
    b. Élaborer des méthodes basées sur la modélisation et les approches intégrées visant à fusionner le flux d'informations entre la forêt et l'industrie et à identifier les interfaces dans la chaîne logistique forêt-bois pour que ces informations soient bénéfiques pour l’ensemble des acteurs de la filiere.
  5. Enquêter sur l'acceptation sociétale des forêts gérées de manière intensive en tant que source de matière renouvelable pour la construction et l'énergie
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    a. Enquêter sur la perception du public face à un aménagement forestier intensif.
    b. Enquêter sur les attitudes du public face au sciage (matériau de construction renouvelable) provenant de ces forêts avec un accent particulier sur le développement durable.
    c. Améliorer l'image du bois dans la construction en déterminant et en levant les obstacles sociétaux à son acceptation et à sa large utilisation.